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Les
élèves qui s’ennuient en cours d’espagnol ou d’allemand ont désormais une autre
alternative : apprendre le créole ! Les lycées Paul Eluard à Saint-Denis
et Léon Blum à Créteil proposent en effet aux élèves de seconde trois heures
hebdomadaires de cours de créole. Une petite révolution quand on sait que
l’enseignement des langues régionales est restreint aux seules régions
d’origine : le breton en Bretagne, le corse en Corse, le créole dans les
quatre régions d'outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion). Un « élargissement »
dont se félicite le délégué interministériel pour l’égalité des chances des
Français d’outre-mer, Patrick Karam, lequel compte étendre ce dispositif aux classes
de première et terminale, dès la rentrée 2009.
Quant
aux défenseurs de la langue, ils ne sont pas décidés à s’arrêter en si bon
chemin. Jean-Pierre Chaville, l’un des deux professeurs recrutés par
l’Education Nationale pour enseigner le créole en métropole, a bien voulu
répondre à nos questions.
Changer tout : Comment avez-vous été contacté pour enseigner le
créole au lycée Paul Eluard de Saint-Denis ?
Jean-Pierre Chaville : J’ai été
contacté pour enseigner le créole, en temps que vacataire, en début d’année
scolaire. Je suis membre du Collectif pour le créole au bac dans l’hexagone et
j’enseigne le créole depuis une dizaine d’années dans le milieu associatif.
Cela fait trois ans que nous militons pour que le créole soit enseigné au
lycée.
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Pensez
vous qu’il faille en rester là ?
J-P C :
Pour le moment, l’enseignement du créole en métropole se cantonne à deux lycées.
On expérimente ! Pour que cet enseignement s’inscrive dans la durée, un
recrutement spécifique et l’ouverture de nouveaux postes au CAPES sont nécessaires.
Et puis il y a le problème de l’option facultative au bac qui n’a toujours pas
été validée par l’Education Nationale. Le combat n’est pas terminé ! On
avance doucement…
Pourquoi
est-il important d’enseigner le créole aujourd’hui à des enfants vivant en
métropole ?
J-P C : Le créole fait partie du patrimoine français
et à ce titre, il faut le protéger et le transmettre ! Lorsque l’Education
Nationale nous explique qu’on enseigne les langues régionales que dans les
lieux où elles sont parlées, ce n’est pas un argument ! Entre 1962 et
1982, la métropole a fait venir chaque année 6000 antillais. Aujourd’hui, la
communauté antillaise regroupe 800.000 personnes rien qu’en Ile-de-France,
qu’on a baptisée d’ailleurs le 5e DOM-TOM ! Enseigner le créole
c’est aussi construire une citoyenneté, et non pas un repli communautaire. C’est
la meilleure façon d’éviter les émeutes de 2005. Il faut rassurer les jeunes,
leur donner une identité, qui peut bien sûr être multiple.
Propos
recueillis par Naïké Desquesnes
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